Nigaudlà Poissepoil dit le Concombre
Back to Characters- Guild
- -
- Guild Title
- -
- Political Title
- -
- Religion
- -
Origin Story
Venant d’une très longue et très ancienne lignée de lépreux consanguins, Nigaudla tient à ce jour le titre d’enfant le plus échappé sur la tête de sa bourgade. Puisque nul dans son entourage ne sait compter, on estime que c’est beaucoup — à en juger par son apparence.
Nigaudlà était un enfant simple, qui aimait les choses simples de la vie : respirer par la bouche, se gratter quand ça pique, et fixer, pendant des jours et même des semaines… des choses, devant lui. On disait de Nigaudlà qu’il était… là. Que faisait-il? Il était là. Être là était sa vraie passion.
Son premier exploit, il l’a accompli à huit ans, quand on l’a envoyé porter un message au forgeron. Le message disait « viens vite ». Nigaudla, concentré comme jamais, a pris la route… et s’est arrêté à mi-chemin, fasciné par une pierre de forme vaguement ovale. Il l’a regardée jusqu’à la tombée du jour. Le lendemain, il l’a regardée encore. Au troisième jour, il s’est souvenu qu’il avait un message, mais comme il ne savait plus à qui, ni pourquoi, il a déclaré solennellement à la pierre : « C’est pour toi » et il est rentré, fier d’avoir accompli quelque chose.
C’est là que le village a compris : Nigaudla ne se perdait pas. Il s’installait.
On a essayé de lui apprendre un métier. Boulanger? Il mangeait la farine. Berger? Il suivait un mouton… puis oubliait le reste. Fossoyeur? Il creusait un trou très beau, très droit, et quand on lui demandait pour qui c’était, il répondait : « Pour le trou. » Même le prêtre, pourtant patient, a abandonné après une confession de trois heures où Nigaudla est resté silencieux, non par honte, mais parce qu’il observait attentivement la poussière danser dans un rayon de soleil.
Puis vint la guerre. Pas une grande guerre héroïque, non : une de ces guerres de frontière, où des seigneurs se disputent un champ, une vache, ou l’honneur d’un cousin qu’on n’a jamais vu. Le capitaine recrutait tout ce qui respirait, et Nigaudla respirait très bien, par la bouche, donc ça comptait.
On lui a donné une pique plus grande que lui, un casque qui lui mangeait les oreilles, et on lui a dit : « Tu te mets là, et tu ne bouges pas. » Nigaudla a souri. Enfin. Une vocation.
Sur le champ de bataille, pendant que les autres criaient, couraient, tremblaient ou mouraient, Nigaudla était… là. Planté comme un piquet, la pique dans les mains, le regard vide mais sincère. Une flèche a sifflé, s’est plantée dans son bouclier : il a cligné des yeux, a observé la flèche longtemps, puis a murmuré : « Elle est fâchée. » Un cheval a failli lui passer dessus : il a reculé d’un demi-pas — son record de mobilité — et a repris sa position, fier de sa rapidité.
Le miracle, c’est que ça marchait.
Parce que dans une mêlée, un fantassin qui ne fuit pas, qui ne panique pas, qui ne réfléchit pas, c’est terrifiant. Les ennemis le voyaient immobile, bouche ouverte, prêt à recevoir le monde, et ils se disaient : lui, il cache un plan. Alors que non. Nigaudla n’avait pas de plan. Nigaudla avait… là.
Depuis, on l’appelle Nigaudla “Là”. On ne lui confie ni les ordres, ni les cartes, ni les drapeaux (il les mange parfois par stress). On lui confie l’essentiel : tenir un coin, garder une porte, faire semblant d’être une statue. Et quand on lui demande s’il a peur de mourir, il répond toujours la même chose, l’air sérieux :
« J’suis déjà là. »
Et dans le fond, ça résume toute son origine : né pour rien comprendre, élevé pour se perdre, engagé pour rester debout, Nigaudla a trouvé sa place dans le monde… exactement là où on l’a posé.
Change Log
| Date | Type | Summary |
|---|---|---|
| 24 Apr 2026, 5:36 p.m. | modified | Detail data updated |
| 19 Apr 2026, 4:43 a.m. | modified | Detail data updated |
| 28 Mar 2026, 6:42 a.m. | modified | Detail data updated |